Joseph Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme (NCTC), lors d'une audition de la commission de la sécurité intérieure de la Chambre des représentants intitulée au Capitole à Washington, D.C., le 11 décembre 2025 ( AFP / SAUL LOEB )
Un haut responsable américain de la lutte contre le terrorisme a annoncé mardi sa démission pour protester contre la guerre menée contre l'Iran, affirmant que la République islamique "ne représentait aucune menace imminente" pour les Etats-Unis.
Joseph Kent, ancien soldat des forces spéciales, est le premier haut responsable à démissionner de l'administration Trump pour marquer son désaccord avec ce conflit.
"Je ne peux, en toute conscience, soutenir la guerre qui se déroule actuellement en Iran", a déclaré le directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, dans sa lettre de démission adressée au président Donald Trump et qu'il a partagée sur X.
"L'Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d'Israël et de son puissant lobby américain", poursuit-il.
Donald Trump a réagi mardi à cette démission en déclarant à la presse depuis le Bureau ovale que Joseph Kent était "très faible en matière de sécurité" et que sa démission était "une bonne chose".
Le président américain Donald Trump dans le Bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 17 mars 2026 ( AFP / Jim WATSON )
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a pour sa part réfuté ce qu'elle qualifie de "fausses allégations", qualifiant d'"insultante et risible" l'idée selon laquelle la décision d'entrer en guerre aurait été prise "sous l'influence d'autres personnes".
"Comme le président Trump l'a clairement et explicitement déclaré, il disposait de preuves solides et irréfutables indiquant que l'Iran s'apprêtait à attaquer les Etats-Unis en premier", a t-elle ajouté.
Joseph Kent avait été nommé par Donald Trump à la tête de ce centre chargé d'analyser et de coordonner la réponse américaine aux menaces terroristes, et à ce titre il occupait le poste de conseiller principal du président en matière de contre-terrorisme.
Il s'était rapproché de Donald Trump à la suite du décès de sa première épouse, Shannon Kent, tuée en 2019 lors d'un attentat-suicide en Syrie alors qu'elle servait comme cryptologue dans la Marine.
- "Un mensonge" -
Joseph Kent s'était ensuite présenté à deux reprises, sans succès (en 2022 et 2024), en tant que candidat républicain soutenu par Donald Trump pour un siège à la Chambre des représentants dans l'Etat de Washington.
Cette rupture avec la ligne de l'administration Trump concernant la guerre d'un proche du président n'est pas passée inaperçue auprès des démocrates.
Le sénateur américain Mark Warner (démocrate de Virginie) au Capitole des États-Unis à Washington, D.C., le 24 février 2026 ( AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS )
"Sur ce point, il (Joseph Kent) a raison, il n'y avait aucune preuve crédible d'une menace imminente de la part de l'Iran qui justifiait de précipiter les Etats-Unis dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient", a déclaré le sénateur Mark Warner, principal membre démocrate de la commission du renseignement au Sénat.
Dans sa lettre, Joseph Kent accuse "de hauts responsables israéliens et des membres influents des médias américains" d'avoir mené une "campagne de désinformation" ayant alimenté un "climat belliciste favorable à une guerre."
"Cette chambre d'écho a été utilisée pour vous tromper en vous faisant croire que l'Iran représentait une menace imminente pour les Etats-Unis, et que si vous frappiez maintenant, la voie vers une victoire rapide était toute tracée", poursuit-il.
"C'était un mensonge et c'est la même tactique que les Israéliens ont utilisée pour nous entraîner dans la désastreuse guerre en Irak qui a coûté à notre nation la vie de milliers de nos meilleurs hommes et femmes", estime encore Joseph Kent.
Fin février, Donald Trump avait affirmé que les frappes des Etats-Unis et d'Israël étaient nécessaires pour éliminer les "menaces imminentes" de Téhéran.
Quelques jours plus tard, il avait fait évoluer son discours, entretenant le flou sur les motivations américaines, et affirmant avoir saisi la "dernière et meilleure occasion" de frapper l'Iran.

9 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer